La flore intestinale et les probiotiques jouent un rôle sur le stress et le comportement

http://www.sante-decouverte.com/wp-content/uploads/imgsd/fb13bc1d5ada27f1f0edfdb0db82e800.jpgDes chercheurs du monde entier réunis à l’occasion du Séminaire Scientifique de l’Institut Rosell-Lallemand ouvrent la voie à des applications innovantes.

Le séminaire avait pour thème central les relations complexes qu’entretiennent le cerveau et l’intestin. Des études passionnantes et innovantes qui contribuent à mieux comprendre les interactions entre cet axe << cerveau-intestin >> et la flore intestinale ainsi que le potentiel des probiotiques furent présentées. Des études comportementales chez les animaux montrent en effet que les probiotiques peuvent aider à gérer le stress ou l’anxiété, ou même influer sur le comportement. Ces résultats aident à mieux appréhender ceux observés lors d’essais cliniques chez l’homme. Des maladies complexes dont on sait aujourd’hui qu’elles impliquent l’axe cerveau-intestin , tel le syndrome de l’intestin irritable, peuvent être ciblées avec des probiotiques.

Cerveau-intestin-microbes: un triangle fascinant

L’idée d’un axe cerveau-intestin n’est pas nouvelle,Par contre, le fait que la communication se fasse dans les deux sens, et que l’intestin puisse envoyer des messages vers le cerveau est un concept plus récent. Encore plus innovante est l ‘idée d’impliquer la flore intestinale, et l’apport de probiotiques, dans ce dialogue cerveau-intestin. Le professeur Stephen Collins, << Dans un tel modèle, des facteurs psychologiques, tel le stress ou l’anxiété, ont une influence sur la physiologie intestinale, altérant ainsi l’habitat de la microflore. La microflore va à son tour avoir un impact sur la physiologie intestinale ainsi que sur les défenses immunitaires au niveau de la muqueuse digestive. Nos récents résultats indiquent que des perturbations de la microflore digestive peuvent influer sur le comportement. Ces données soulèvent l’hypothèse d’un rôle central de la microflore dans le cas de troubles gastro-intestinaux fonctionnels comme le syndrome de l’intestin irritable, pour lequel des perturbations de la flore vont non seulement induire des dysfonctionnements intestinaux, mais pourraient aussi contribuer à la comorbidité psychiatrique que l’on retrouve chez 60% des patients. >>

Jusqu’ici, les probiotiques étaient surtout reconnus pour leurs effets sur les fonctions et la santé digestives, effets pour lesquels ils sont largement documentés: prévention des diarrhées et des ballonnements, régulation du transit, intolérance au lactose…. Plus récemment, on a également mis en évidence leurs interactions avec les défenses immunitaires, et leur potentiel à les stimuler ou leur rôle dans la prévention des allergies. Avec leur effet sur l’équilibre de la microflore intestinale, il apparaît que les probiotiques peuvent également affecter l’axe cerveau-intestin, comme cela a été largement illustré au cours du séminaire.

Des effets possibles sur le stress, l’anxiété et le comportement

Plus d’une dizaine d’études scientifiques furent présentées, montrant un impact de certains probiotiques sur le comportement animal, leur réaction face au stress, à l’anxiété ou même le processus de mémorisation suite à une infection.Grâce à un modèle animal validé avec le diazepam, il a été montré que ce probiotique réduisait les signes d’anxiété chez des souris, montrant ce que les chercheurs qualifient d’effet << de type anxiolytique >>. De tels effets n’avaient encore jamais été mis en évidence avec des probiotiques. Tous ces résultats laissent entrevoir de nouveaux domaines d’applications très prometteurs en santé humaine. Il apparaît que les probiotiques pourraient aider à améliorer la qualité de vie de personnes souffrant de stress ou d’anxiété chronique.

Un avenir prometteur …

Source : Information hospitalière

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