La sarcosine : détection du cancer de la prostate

http://www.sante-decouverte.com/wp-content/uploads/imgsd/ad7917d44acf67f34f2805ae69163bc9th.jpgCette substance, facilement dosable dans l’urine, permet d’identifier les tumeurs de la prostate nécessitant un traitement immédiat et puissant. Sa découverte pourrait déboucher sur un test utilisable par les médecins.

Trois chercheurs de l’université d’Ann Arbor dans le Michigan ont découvert une substance, la sarcosine, facilement dosable dans l’urine, qui permet de distinguer chez l’homme une simple hypertrophie de la prostate, d’un cancer localisé ou métastatique de cet organe. Ces travaux importants, pourraient aboutir à la mise au point d’un test permettant d’aider les médecins à distinguer les tumeurs d’évolution lente de celles nécessitant un traitement immédiat et puissant. La revue scientifique britannique Nature ne s’y est pas trompée : elle consacre 35 pages de l’hebdomadaire et un éditorial à cette ­découverte majeure.

Arun Sreekumar qui a dirigé ce travail, a utilisé avec son équipe une série de machines très performantes pour analyser des milliers de substances prélevées dans 262 échantillons de tissus, d’analyse d’urines et de prélèvements sanguins de patients atteints de cancers prostatiques ou au contraire indemnes de cette maladie. Ces appareils de chromatographie et de spectrométrie de masse permettent de séparer et d’identifier la composition atomique de milliers de substances en un temps record, sous le contrôle de puissants ordinateurs.

Dans un premier temps, ils ont ainsi identifié 60 molécules présentes dans les urines des malades atteints d’un cancer localisé ou métastatique de la prostate et absentes des urines des patients ayant une prostate normale. Sur ces 60 «profils» métaboliques suspects, seuls 6 (dont la sarcosine) avaient une concentration de plus en plus élevée lorsqu’on passait des cancers peu agressifs aux tumeurs les plus invasives et métastatiques. Et parmi ces six candidats, c’est la sarcosine qui présente la meilleure corrélation avec la gravité de la maladie.

La sarcosine, qui provient du métabolisme d’un acide aminé, la glycine, est trouvée en concentrations de plus en plus importantes au fil de la progression du cancer de la prostate, et de la survenue de métastases. Elle a aussi été trouvée dans les lignées cellulaires humaines de cancer prostatique conservées dans les congélateurs des laboratoires de recherche. Et lorsque les chercheurs ont ajouté de la sarcosine à des cultures de cellules prostatiques humaines normales, celles-ci sont devenues cancéreuses et ont envahi les boîtes de culture ! Cet ensemble d’éléments laisse à penser que la sarcosine joue un rôle clé dans la transformation et l’agressivité des cellules cancéreuses.

Source : Le Figaro

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