Une levure pour l’étude de maladies neurodégénératives

http://www.sante-decouverte.com/wp-content/uploads/imgsd/92adc2aa8e8d182f8c125739956fa412.jpgUne équipe de l’Institut Pasteur associée au CNRS vient de démontrer dans un article publié dans the EMBO Journal qu’une levure peut être utilisée comme modèle cellulaire d’une atteinte neurodégénérative rare et sévère affectant les adolescents. Cette découverte pourrait apporter à la recherche un outil inattendu et particulièrement performant pour étudier la génétique de cette pathologie, mais également celle d’autres maladies liées à la dégénérescence des cellules nerveuses.

Benoît Arcangioli et Samia Ben Hassine de l’unité de Dynamique des génomes à l’Institut Pasteur (CNRS URA 2171) viennent de montrer comment la levure Schizosaccharomyces pombe peut mimer, à l’échelle d’une cellule unique, le syndrome observé chez l’homme dans les cas d’une ataxie spinocérébelleuse appelée SCAN1. Cette maladie neurodégénérative rare et grave se manifeste chez les adolescents par des pertes d’équilibre et de coordination des mouvements, et conduit au décès vers l’âge de 25 ans. Elle s’explique par la mort progressive de cellules qui ne se divisent pas, en particulier des neurones du cervelet, chargés de transmettre les informations aux membres et au cerveau.

Grâce à une souche de levure mutée dans le gène homologue à celui qui est affecté chez les patients SCAN1, les scientifiques ont pu mettre en évidence la similitude des « symptômes » observés : les levures déficientes pour ce gène programment leur propre mort quand elles ne se divisent pas, comme les cellules nerveuses des malades.

« Les levures étaient connues depuis 20 ans pour être de puissants modèles de cellules humaines en division, pouvant ainsi mimer des processus de cancérisation. Aujourd’hui, nous montrons qu’elles peuvent également, à l’inverse, se comporter comme des neurones, c’est-à-dire des cellules qui ne se divisent pas ! », explique Benoît Arcangioli. La mise au point d’un tel modèle devrait donc non seulement fournir un outil d’étude original de l’ataxie SCAN1, mais ouvrir aussi des perspectives d’exploration inédites pour mieux comprendre la génétique d’autres maladies neurodégénératives, comme la maladie de Parkinson.



Source : Institut Pasteur

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *