Une sensibilité génétique au placebo

http://www.sante-decouverte.com/wp-content/uploads/imgsd/6b7a7bb858b981d4f6fd726374cd6312.jpgDes chercheurs ont pour la première fois identifié un variant génétique impliqué dans l’effet placebo. Une donnée qui pourrait être importante pour l’organisation des essais thérapeutiques.

Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, un médicament doit prouver qu’il est plus efficace qu’un placebo –un faut médicament donné au cours des essais cliniques sans que le volontaire sache s’il prend le principe actif ou une pseudo pilule. La comparaison serait-elle dans certains cas faussée par l’ampleur de l’effet placebo? Une nouvelle étude suggère que chez certains patients des variantes génétiques rendent l’effet placebo aussi efficace que le vrai traitement.

Thomas Furmark et ses collègues du département de psychologie de l’Université d’Uppsala, (Suède) ont étudié l’activité cérébrale de 25 personnes souffrant de phobie sociale. Ces volontaires participaient à un essai clinique (1) pour tester un nouveau médicament contre les phobies agissant sur un neuromédiateur, la sérotonine. Au début de l’essai et après huit semaines de traitement, les volontaires devaient présenter un exposé devant un public afin que les chercheurs puissent évaluer et comparer leur niveau d’angoisse. Grâce à la technique de la tomographie par émission de positrons, les chercheurs mesurent l’activité cérébrale de l’amygdale, qui est nettement plus active chez les personnes souffrant de ces phobies.

Sur les 25 patients qui ont reçu un placebo, 10 ont été aussi soulagés de leur phobie que ceux qui avaient reçu le vrai traitement. Les mêmes mécanismes ont fonctionné, soulignent Thomas Furmark et ses collègues, réduisant l’activité de l’amygdale.

Des analyses génétiques ont révélé que 8 personnes sur les 10 possédaient une version particulière d’un gène (TPH2) qui régule la production de sérotonine dans le cerveau. Ce variant étaient déjà connu des chercheurs puisqu’il est lié à une activité accrue de l’amygdale chez des personnes en bonne santé. Cette particularité génétique n’a été retrouvée chez aucun des 15 autres patients qui avaient reçu le placebo mais pour lesquels il n’avait pas été efficace.

Cette étude, publiée dans le Journal of Neuroscience, ne porte que sur un petit nombre de patients et une affection particulière. D’autres travaux doivent conforter ces résultats. Cependant les preuves s’accumulent en faveur de l’importance de l’effet placebo, qu’il s’agisse de traitements de la douleur ou des symptômes de la maladie de Parkinson.

Source : Nouvelobs Santé

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