Grossesse précoce Une fillette d’origine tzigane, âgée de 11 ans, a donné naissance vendredi en Bulgarie à un bébé en bonne santé pesant 2,5 kg. La jeune fille indique avoir été consentante dans la relation qu’elle entretient avec le père de son enfant, un jeune homme de 19 ans.

Sliven, la jeune maman de 11 ans a quitté l’hôpital vendredi afin de pouvoir se marier avec son petit ami de 19 ans. Dans la communauté des gens du voyages, les naissances précoces sont fréquentes.
Les grossesses précoces ont des conséquences parfois lourdes en terme d’équilibre psychologique, de santé, d’insertion professionnelle et sociale des jeunes mineures. La précocité de la maternité peut également s’accompagner de carences éducatives pour l’enfant à naître. L’État a donc retenu cette problématique comme priorité locale d’intervention.

En France, deux chercheuses ont mené un vaste travail sur les maternités précoces, intitulé « Les maternités précoces dans les pays développés : problèmes, dispositifs, enjeux politiques », à la demande de la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF). Elle « montre que le phénomène des grossesses précoces est intimement liés aux perceptions de la sexualité des jeunes dans les différents pays industrialisés. Les chercheuses ont dressé trois groupes correspondant à trois types de société ».

Le premier groupe dans lequel « on estime que les adolescents doivent être préservés le plus longtemps possible de la sexualité, qui est une activité réservée aux adultes, donc socialement acceptable lorsque les individus sont en mesure de fonder une famille sans dépendre de l’aide sociale ». Ce modèle est très répandu aux Etat-Unis, « qui ont mis en œuvre des programmes d’abstinence sexuelle, dont l’efficacité reste très controversée : depuis leur instauration dans les années 80, le nombre de grossesses précoces non désirées n’a cessé d’augmenter (22 % des adolescentes). »

Pour le deuxième groupe, qui concerne le Royaume-Uni, l’Irlande et les Pays-Bas, « la sexualité adolescente est un phénomène à combattre et les jeunes sont fortement encouragés à repousser l’âge du premier rapport sexuel. Dans le même temps, cette sexualité juvénile apparaît comme un mal inévitable qu’il faut surtout accompagner en raison de l’inefficacité des dispositifs répressifs ou du déni. »

Dans le troisième type de pays, « la sexualité apparaît comme une dimension normale de l’adolescence. On ne dénie pas aux jeunes le droit d’explorer leur corps dans une société de plus en plus sexualisée. Il s’agit alors de permettre aux jeunes de contrôler les risques en mettant à leurs dispositions les moyens de contraception adéquats, et en tenant compte de leurs moyens financiers et du besoin de confidentialité . Ces politiques se caractérisent par le soutien bienveillant de la société adulte : pouvoirs publics, parents, écoles et centres de planning familial. Ce scénario idéal est celui des pays scandinaves, de certains pays d’Europe continentale comme la Suisse et dans une moindre mesure de la France. En Suède, l’abandon en 1975 de toute politique fondée sur l’abstinence, remplacée par une politique de contraception, d’information et de libre accès à l’IVG, a permis une diminution de 80 % des grossesses précoces dans la décennie suivante. Ce type de politique est repéré comme le pus efficace pour prévenir les maternités précoces. »

Les auteurs de l’étude mettent la Méditerranée à part. En Espagne et en Italie, où le taux de grossesses adolescentes est faible (3 %), quand elles surviennent, l’arrivée d’un enfant est « accepté comme un élargissement de la famille ». La Grèce et le Portugal connaissent un fort taux de naissances chez les mères mineures (5 % à 9 %), du fait de la précocité des mariages.

La conclusion de travail, qu’en termes de politique publique, les mesures les plus adaptées sont celles qui favorisent au niveau local la communication et le dialogue social avec les jeunes filles.